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En 1997, Squaresoft a déjà acquis une immense notoriété grâce aux six premiers volets de sa saga devenue phare, Final Fantasy. Réputés pour narrer une histoire haute en intérêt et pleine de rebondissements, pour mettre en scène des personnages attachants, caractériels et héroïques dans des situations dramatiques ou apocalyptiques, avec un accompagnement graphique et sonore hollywoodien, et grâce à un gameplay toujours construit sur une base classique, mais se renouvelant d’opus en opus grâce à des innovations constantes, les Final Fantasy portent aussi la difficile tâche de maintenir au top leur réputation et leur qualité sans sombrer dans la répétition et la monotonie. Après un Final Fantasy VI excellent, difficile de relever le défi de faire mieux. Mais l’avènement de la 3D et de la PlayStation vont permettre à Squaresoft de montrer la pleine étendue de son talent.


Le résultat est sans appel : l’entreprise frappe un bon coup avec plus de 10 millions de ventes et une renommée mondiale et intemporelle, faisant de Final Fantasy VII l’opus le plus vendu même encore maintenant ! Le jeu marque à tout jamais l’histoire du jeu vidéo, en introduisant et en démocratisant le genre RPG en Occident, grâce à une richesse exceptionnelle et une surenchère d’ajouts remarquables. Plus d’une décennie plus tard, Final Fantasy VII inspire Final Fantasy XIII, en particulier sa sublime scène d’introduction et quelques-uns de ses personnages. Certains protagonistes de Final Fantasy VII ont même été intégrés, avec un vrai rôle, à la saga Kingdom Hearts. L’histoire et l’univers de Final Fantasy VII sont tellement adulés qu’une compilation est développée autour de ce jeu ; elle ne rencontre cependant pas le même succès. Ainsi naissent Advent Children, un film d’animation entièrement en images de synthèse se déroulant deux ans après l’opus original, Dirge of Cerberus, un hybride entre FPS et TPS mettant en avant Vincent Valentine dans une aventure se déroulant trois ans après l’histoire originale, Before Crisis, un jeu en réseau sur téléphone portable japonais qui ne sera jamais localisé hors du territoire nippon, et enfin Crisis Core, la préquelle sur PSP qui raconte l’épopée de Zack et ses péripéties ayant eu lieu cinq ans plus tôt, éclaircissant grandement l’intrigue liée à ce personnage et très légèrement relatée dans le volet original.

Un scénario visionnaire

Découverte il y a quelques années, l’énergie Mako est une puissante source d’énergie qui permet de fournir en électricité des métropoles entières. La Shinra, ancienne entreprise minière qui utilisait le charbon pour créer de l’énergie, a compris le potentiel de la Mako et s’est reconvertie dans le pompage et l’exploitation de l’énergie Mako, grâce à de puissants réacteurs disséminés de par le monde. Aujourd’hui, la Shinra produit de l’énergie pour la planète entière. Mais un groupe éco-terroriste, Avalanche, veut sensibiliser la population à un fait crucial : la Mako constitue l’énergie vitale de la planète, et la Shinra est en train de tuer la planète en la privant de sa ressource principale. C’est à coups d’attentats et de sabotages dans les réacteurs Mako qu’Avalanche a la ferme intention de stopper la Shinra, quitte à se faire maudire par la population. Ancien membre de la brigade d’élite de la Shinra, et mercenaire nouvellement recruté par Avalanche, Cloud Strife se retrouve mêlé à ce conflit grandissant qui va bientôt prendre des proportions démesurées, en particulier lorsqu’un ancien ennemi, présumé mort, va refaire surface et menacer le monde entier.



Le scénario mérite qu’on s’y attarde un instant. Si aujourd’hui, ce paragraphe peut ressembler à n’importe quel roman de fiction réaliste traitant d’écologie, il faut se rappeler qu’en 1997, Final Fantasy VII dispensait un propos avant-gardiste, avant même que les politiques ou que la population ne prennent conscience des menaces liées à l’exploitation inconsidérée des ressources naturelles. A l’orée des débats écologiques dont nous sommes aujourd’hui aspergés quotidiennement, Final Fantasy VII faisait effectivement office de précurseur visionnaire dans un domaine de première préoccupation aujourd’hui.


Au-delà de la dimension politique évidente de cet opus, le scénario regorge de sentiments de toutes sortes. Grâce à une ramification impressionnante des intrigues soulevées dans l’opus, et une exploration des passés et des personnalités de chaque personnage principal, Final Fantasy VII est un jeu riche et complet de par les émotions qu’elle suscite en tout un chacun. Loin d’être de simples extensions à l’intrigue principale du jeu, les intrigues secondaires en constituent au contraire le vivier, sans lesquelles le monde décrit dans Final Fantasy VII ne saurait être complet, à l’image de Vincent et de sa rédemption, de Cid et de son ambition, de Cloud et de son désintérêt, de Dyne et de son amertume, de Sheila et de son dévouement, d’Elmyra et de son courage, et bien sûr de Séphiroth et de sa mégalomanie.

Des graphismes démodés... mais révolutionnaires pour l'époque !

Au niveau graphique, les polygones et scintillements de l’époque nous paraissent aujourd’hui risibles, en particulier sur un écran HD. Cependant, ces inconforts sont gommés sur PSP, d’autant plus que la qualité graphique étant exceptionnelle pour l’époque. Final Fantasy VII signe en effet l’introduction de la 3D dans la saga, une 3D qui sera désormais monnaie courante dans chaque opus suivant qui se chargera d’en perfectionner la technique.



Les personnages évoluent ainsi sous forme de modélisations 3D incrustées sur des fonds fixes en 2D, un procédé aujourd’hui désuet tant la 3D a été perfectionnée et maîtrisée depuis. Mais pour l’époque, il s’agissait d’une véritable révolution graphique, qui donnait enfin à nos héros du relief. La carte du monde, quant à elle, est en 3D intégrale, et cela reste toujours un plaisir d’y voyager librement en chocobo ou en aéronef, de tourner la caméra, de varier son altitude ou d’emprunter des sentiers surplombant une cascade dormante ; on sera peut-être même surpris par quelques éléments d’interactivité, tels que la traque de Dernière Arme ou l’esquive du Midgar Zoolom. Squaresoft a même été jusqu’à développer une carte du monde sous-marine, correspondant aux océans, dans lesquels il sera possible de voyager librement en sous-marin, au risque d’être confronté à l’adversaire le plus puissant du jeu ou d’y découvrir un donjon secret.


Final Fantasy VII propose également, pour la première fois, la récurrence de scènes cinématiques pré-calculées aux moments-clef du scénario, pour le plus grand plaisir du joueur. Ces scènes elles aussi, au rendu bien meilleur, défiaient les technologies de l’époque, et permettaient une meilleure immersion dans le jeu. Sans elles, le réveil des Armes aurait-il été aussi impressionnant ? L’effondrement du secteur 7 aurait-il été aussi frappant ? Le Cratère Nord aurait-il été aussi mystifiant ? A bien des égards, les scènes cinématiques ont contribué à grandir les émotions suscitées par le jeu en lui-même.



Les combats, quant à eux, sont, pour la première fois, intégralement en 3D, la caméra tournant librement autour des personnages et des ennemis pour mieux mettre en valeur des effets spéciaux spectaculaires lors du lancement des sortilèges ou du déclenchement des Limit Break. Les yeux avertis remarqueront également le changement d’aspect des armes des héros. Mais le point culminant de cette technique graphique réside certainement en les invocations, qui font l’objet de longues séquences cinématiques en 3D et en temps réel d’une beauté ahurissante pour l’époque ! On pourra ainsi se souvenir du souffle enflammé d’Ifrit, de l’attaque multiforme de Kjata, ou encore de l’assaut terrifiant de Bahamut, autant de séquences qui nous en mettent plein la vue et qui, à l’époque, scotchaient littéralement le joueur à son écran !

Des thèmes enchanteurs

La bande-son, elle aussi, n’est pas en reste, avec une puissance, une diversité, et une capacité à émouvoir tout simplement magiques. Comme toujours, chaque personnage est doté de son propre thème personnalisé et correspondant à son caractère ; les combats sont quant à eux accompagnés de thèmes musicaux dynamiques et magnifiques. L’exploration n’est pas négligée non plus, grâce à des thèmes doux, tranquilles, ou au contraire angoissants, suivant le moment concerné. Quelques pistes de cette bande-son sublime sortent encore plus du lot, tels que le thème de Séphiroth, repris par exemple dans Kingdom Hearts, ou encore le thème des feux d’artifice du Gold Saucer, Interrupted by Fireworks, jouée durant une scène exquise.

Un système de jeu très tactique

Le gameplay fait elle aussi la part belle aux nouveautés et introduit une part stratégique extrêmement importante et rarement égalée tant dans les opus précédents que les opus suivants. Le fer de lance de ce nouveau gameplay réside en les Matérias, des petits cristaux aux propriétés magiques et dont les protagonistes tirent leur pouvoir. Il existe différents types de Matérias ; les Matérias vertes confèrent des pouvoirs magiques à leur porteur ; les Matérias jaunes ajoutent des commandes d’action ; les Matérias rouges sont des gemmes d’invocation faisant appel à des créatures terrifiantes ; et les Matérias mauves sont des Matérias indépendantes aux effets divers, tels que le renforcement des capacités physiques de leur porteur ou la diminution des risques d’attaque surprise. Tout ce système gagne en intérêt lorsque l’on considère les Matérias bleues, des Matérias de soutien qu’il est possible d’associer avec d’autres Matérias pour en accroître le potentiel. Il devient alors possible de lancer une magie sur tout un groupe d’ennemis à la fois, d’absorber des HP et des MP tout en invoquant Ifrit, d’effectuer un Coup Mortel tout en volant un ennemi, de lancer un Ultima dès le début du combat, et même de ressusciter automatiquement lorsque tous les héros sont morts. Ces Matérias peuvent même modifier vos affinités élémentaires, vous permettant ainsi d’absorber un élément, ou votre comportement par rapport aux altérations, vous immunisant contre les effets négatifs ou ajoutant un effet de pétrification à chaque attaque portée.



Les Matérias sont d’ailleurs fortement liées aux armes et armures portées, car ce sont seulement ces deux types d’équipement qui sont pourvus d’orifices dans lesquels les personnages pourront s’équiper de leurs Matérias. Plus une arme ou une armure porte d’orifices, plus grand est le nombre de Matérias dont il est possible de s’équiper. Mais ce n’est pas le seul facteur à prendre en compte ! Il faut également surveiller le nombre d’orifices combinés, des paires d’orifices sur lesquels une Matéria de soutien peut renforcer une autre Matéria et maximiser son potentiel ; et il faut aussi prendre note de la croissance associée à un équipement, qui peut être nulle, simple, double, ou triple, et qui détermine la vitesse d’évolution d’une Matéria. Chaque Matéria est en effet pourvue de plusieurs niveaux qui déterminent quelles capacités sont accessibles (il s’agit par exemple des compétences Feu, Feu2 et Feu3) ou le degré d’efficacité des capacités débloquées (il s’agit par exemple du nombre d’utilisations possibles d’une invocation), le dernier niveau correspondant à une assimilation parfaite de la Matéria et se traduisant par la duplication de celle-ci en une réplique au premier niveau, et permettant le recommencement d’un nouveau cycle de croissance de Matéria.



L’autre élément intéressant de l’opus est la présence d’une jauge de Limite, qui se remplit graduellement au fur et à mesure que le personnage subit des coups. Une fois celle-ci pleine, le personnage peut déchaîner sa colère dans une attaque surpuissante, appelée Limit Break, qui laisse généralement peu de chances de survie à sa victime. Même si chaque personnage ne dispose que d’une Limit Break au début du jeu, il est possible d’en acquérir de nouvelles, portant (généralement) à sept le nombre de Limit Break maîtrisables par chacun. Bien évidemment, plus une Limit Break est puissante, plus long est le temps de remplissage de la jauge de Limite, mais le jeu en vaut largement la chandelle. Le seul point négatif de ces Limites est qu’elles rendent impossible les attaques conventionnelles une fois la jauge complètement remplie – un point négatif qui sera corrigé dans Final Fantasy VIII et Final Fantasy IX.

Une durée de vie extraordinaire

Bien évidemment, Final Fantasy VII ne manque pas de quêtes secondaires. Celle qui rend l’opus vraiment unique est l’élevage de chocobos, une activité passionnante et lucrative. A partir d’un certain moment dans l’aventure, il sera possible de capturer les chocobos rencontrés lors des combats, et de les envoyer à l’écurie de chocobos rencontrée plus tôt dans le jeu. Le gérant de l’étable, Billy Boy, vous proposera à chaque fois de garder ou de relâcher le chocobo, suivant sa forme physique, les chocobos excellents étant bien évidemment rarissimes. Si vous décidez de le garder, il faudra le nourrir avec de très nombreux légumes et le faire participer à des courses de chocobos de difficulté croissante, afin de maximiser ses capacités physiques. Par suite, après avoir effectué de fastidieuses recherches sur la reproduction des chocobos, et avoir fait subir le même traitement à un autre chocobo de condition physique excellente, vous pourrez tenter de les accoupler – il va de soi qu’il vous faudra alors un mâle et une femelle – et, si la chance vous sourit, vous obtiendrez au petit matin un chocobo non pas jaune, mais bleu ou vert (capable de franchir les fleuves ou les montagnes)… qu’il faudra alors de nouveau durement entraîner ! Ce n’est qu’après un très long élevage et un coup de main du destin que vous pourrez mettre la main sur le chocobo noir, puis sur le chocobo d’or, capable d’aller rigoureusement partout, et quasiment assuré de gagner toutes les courses de chocobo, vous permettant ainsi de gagner des lots exceptionnels, comme des Matérias excellentes ou des équipements rares (sans oublier les cavernes secrètes à explorer sur la carte du monde). Une solution plus rapide est de battre simplement l’Arme de Rubis, mais je ne suis pas sûr que tous s’accorderaient à dire que c’est plus facile…



Si vous êtes en manque d’amusement, vous pouvez toujours venir vous ressourcer au Gold Saucer, un gros parc d’attractions dans les cieux de la planète ! Les activités qui attireront le plus votre attention seront sans conteste la course de chocobos et l’arène de combat, mais il sera toujours possible de s’intéresser aux arcades ou aux stands de tir sur montagnes russes, l’occasion peut-être d’ailleurs de remporter de précieux lots (tels que l’arme ultime d’Aerith) ! De toute façon, c’est bien au Gold Saucer que vous trouverez les objets les plus rares du jeu (mais pas forcément les meilleurs), tels que la limite ultime de Cloud ou la Matéria Invocation-W. C’est donc un passage obligé pour tous ceux qui veulent explorer le jeu à 100% ou même simplement se frotter aux ennemis les plus puissants du jeu…


Ces ennemis redoutables, d’ailleurs, ne sont pas présents dans la version japonaise de Final Fantasy VII. A l’origine ajoutés dans la version européenne du jeu, puis réintégrés dans une nouvelle édition nommée International, les Armes de Rubis et d’Emeraude figurent comme les deux challenges du jeu. Non seulement dotés de près d’un million de HP chacun et d’attaques mortelles, elles possèdent des facultés bien particulières qui rendent les combats redoutablement difficiles : l’Arme d’Emeraude est capable d’attaquer jusqu’à cinq fois par tour et peut, quand elle le veut, tuer tous vos personnages d’un seul coup (en plus du fait qu’il faille théoriquement la vaincre en vingt minutes), tandis que l’Arme de Rubis peut vous forcer à ne combattre qu’avec un personnage et qu’elle est – en première approximation – tout simplement invulnérable. La victoire sur ces adversaires, outre un prestige personnel déjà éprouvé par bien d’autres joueurs, a beau être d’une valeur inestimable, vous vous rendrez vite compte qu’elle n’est en réalité pas vraiment à la hauteur des efforts consentis dans ces combats.



Avant de conclure sur cet opus, Final Fantasy VII nécessite que l’on parle d’un point que l’on passe généralement sous silence : celui de la traduction. Car ce septième volet s’est aussi grandement illustré par sa traduction remarquablement incohérente, du moins dans sa version française. Si Squaresoft a certes retenu la leçon et corrigé le tir dès Final Fantasy VIII, il faut néanmoins convenir qu’il a clairement sous-estimé sa communauté européenne et manqué d’investissement dans un domaine qui fait aujourd’hui sourire.

Conclusion

Si Final Fantasy VII est l’opus préféré de beaucoup de fans, ce n’est pas pour rien. Cet épisode propose en effet un contenu excellent, avec un gameplay à la dimension stratégique exceptionnelle, un scénario particulièrement bien ficelé et prenant, porteur de problématiques toujours d’actualité, des personnages attachants et charismatiques, et des quêtes annexes passionnantes qui vous feront passer de très bonnes heures de jeu. Il faudra se refaire légèrement violence pour supporter les graphismes polygonaux de l’époque et la traduction très approximative, mais les dégâts sont heureusement limités par une expérience de jeu inoubliable. Toujours considéré comme l’épisode emblématique de la saga, Final Fantasy VII est un jeu incontournable, un jeu à parcourir absolument et sans lequel on ne peut prétendre être fan des Final Fantasy ou de Squaresoft.

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