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Dans Kingdom Hearts III, Sora, Donald et Dingo se rendent au Royaume de Corona, afin de prêter main forte à la princesse Raiponce et Flynn Rider. Pour beaucoup de fans, le monde de Raiponce est l'un des plus réussis du titre, même s'il suit presque plan par plan la trame du film. Nous avons demandé à Maeva Méline, talentueuse comédienne et chanteuse qui interprète la princesse aux cheveux d'or dans sa version française, de nous rencontrer afin de réaliser une petite interview pour évoquer son parcours dans les différents domaines qui font son quotidien : la musique, la comédie, et le doublage. Ce fut une rencontre très chaleureuse et enrichissante, et nous avons passé un excellent moment en sa compagnie. Nous vous en souhaitons une très bonne lecture.




KHIsland : Comment as-tu été choisie pour interpréter le rôle de Raiponce ?

Maeva Méline : J’étais sur la comédie musicale Mozart l’Opéra Rock, cela faisait déjà 1 an qu’on tournait et c’est Claude Lombard qui m’a contactée, en me disant qu’elle m’avait entendue chanter dans Mozart et qu’elle souhaitait me faire passer les essais pour les chansons de Raiponce. Je n’étais pas du tout dans le milieu du doublage à l’époque, j’étais juste chanteuse et comédienne. Au début, ce n’était vraiment que pour les chansons ; et finalement, quelques jours après, on m’a rappelée pour passer aussi les essais pour les dialogues, cette fois-ci avec Barbara Tissier. Par la suite, j'ai appris que j’allais faire l’ensemble, c’est-à-dire le doublage parlé et chanté. Je ne m’y attendais vraiment pas, j’étais aux anges. Initialement, ils cherchaient une comédienne très connue pour faire l’ensemble du doublage parlé et chanté, mais ils avaient du mal à la trouver et ils ont finalement préféré quelqu’un qui puisse faire les deux, même si j’étais peu connue.


Que représente ce personnage pour toi ? (Il me semble que c’est celui que tu as le plus interprété entre le film, le court-métrage, la série TV et son retour dans Ralph 2.0)

Dans un premier temps, elle représente mon entrée dans le monde du doublage car c’était mon tout premier rôle... et quelle belle entrée en matière ! Cela m’a permis de continuer à faire ce métier par la suite, que j’ai découvert et adoré. C’est devenu une véritable passion pour moi, donc on peut dire que Raiponce est mon porte-bonheur, mon sésame en quelque sorte.


Qu’est-ce qui t’a plu dans ce rôle ? Déplu ?

Il n’y a rien qui m’a déplu (rires), je pourrais encore chercher longtemps mais rien ne me vient. C’était un rôle extraordinaire à jouer, au niveau de la palette d’émotions, tant dans la douceur, la folie, la tristesse, que la joie. C’était hyper étendu et hyper large, tout a été absolument génial à jouer. Cela m’a beaucoup apporté pour mon métier de comédienne sur scène, car le doublage c’est tellement précis, millimétré, surtout chez Disney. Cela m’a aidé à enrichir mon jeu pour d’autres projets. Grâce à cette expérience, j'ai appris à être plus précise, surtout que ça ne faisait pas très longtemps que j’étais comédienne non plus, et finalement j’étais en plein apprentissage de tout, donc ça a été une très bonne école.




Est-ce un rôle difficile à jouer ?

Ah oui, très difficile. C’était mon premier doublage, donc forcément ce n'est pas évident. Il y a beaucoup de nuances, de ruptures. En doublage, les ruptures ce sont tous les changements de tons pour exprimer un sentiment à l’intérieur d’une même phrase, pour que cela ne soit pas monotone ou monocorde. C’est très subtil, c’est quelque chose qu’on fait naturellement dans la vie mais qu’on a parfois du mal à retransmettre à la barre. Par exemple, dans une même scène, triste admettons, pour ne pas avoir le même phrasé, on nous demande de faire des ruptures. C’est quelque chose qu’on apprend et qu’on acquiert aussi avec les années de pratique. Disney est très exigeant, mais c’est également grâce à cette exigence que les doublages des films sont de très bonne qualité.

Il m’est donc arrivé de refaire des phrases 30 fois pour avoir exactement le truc parfait, autant au niveau de la synchronisation, de l’énergie, de la diction, que de l’émotion. C’était très précis, j’apparenterais ça à de l’horlogerie ou de l’orfèvrerie. Le doublage en général est un travail d’orfèvre. Il faut beaucoup de précision, et c’est pour ça que j’adore ça. Il faut sortir du côté technique pour pouvoir jouer un peu plus librement, et cela demande du temps. Comme c’était mon tout premier, c’était vraiment difficile, cela a pris environ trois jours et demi pour les dialogues, j’en suis ressortie épuisée. C’étaient 8 heures par jour très intenses, et j’emmagasinais toutes les informations car j’apprenais en même temps que j’enregistrais, donc c’est vrai qu’à la fin j’étais épuisée. (rires)


Du coup, tu dois être beaucoup plus à l’aise sur la série maintenant ?

Oui, en effet. Ce qu’il faut savoir, c’est que le format série est très différent de celui d'un long métrage. Sur un film, on a beaucoup plus de temps que sur une série, c’est beaucoup plus confortable. Surtout que là, j’étais star talent pour ce film et c’était mon premier, donc on m’avait donné encore plus de temps. Je pense que des comédiens aguerris auraient peut-être fait en 1 jour et demi ce que j’ai fait en 3 jours.

Concernant la série, comme j’ai plus l’habitude et que je connais Raiponce par cœur maintenant, ça va hyper vite car je suis plus rodée. Mais quand on a commencé la série Raiponce, c’était quand même un petit peu difficile au début parce qu’on avait peu de temps. Il y avait beaucoup plus de texte, parfois elle était plus en colère qu’avant, plus fofolle, tous ses traits de caractère étaient accentués. Du coup, au départ, c’était un petit peu dur de me mettre dans le rythme, mais comme on faisait à peu près quatre séances par mois, ça me permettait de me rôder. Maintenant, on enregistre la saison 3 (qui est l'ultime saison de la série, ndlr). On enregistre à peu près l’équivalent d’un film en une journée en nombre d’épisodes, alors qu’avant je le faisais en 3 jours. J’ai bien pris le pli et je m’éclate d’autant plus que c’est encore plus intense dans les derniers épisodes de la série.


Pour le rôle de Mérida dans Rebelle, tu fais la voix chantée du personnage. As-tu également passé le casting pour la voix parlée ?

Non, en fait on ne m’a appelée que pour les chansons. C’était d’ailleurs une problématique car ils ne voulaient pas reprendre la même personne, on ne peut pas faire deux Princesses à la suite, ce serait étrange pour le public de retrouver la même voix. Puis finalement ça n’a pas posé de problème car dans Rebelle, ce sont des chansons d’ambiance qui ne sont pas chantées par le personnage de Mérida ; et comme ils avaient envie de continuer à travailler avec moi, j’ai eu la chance de faire deux films d’affilée. C’était un vrai bonheur pour moi, surtout que les chansons de ce film sont vraiment chouettes. Je pense que si Bérénice Béjo avait pu chanter, elle aurait aussi interprété les chansons, mais elle n’était pas chanteuse. Ils se sont vraiment posé la question : « est-ce que ça ne va pas être trop reconnaissable par rapport à Raiponce ? ». Beaucoup de personnes ont reconnu ma voix dans Rebelle et d’autres se sont demandé pourquoi c’était moi qui chantais à nouveau, mais finalement c’est assez bien passé.




Est-ce un rôle que tu aurais voulu interpréter ?

D’une part, je ne me serais peut-être pas sentie à l’aise de faire une Princesse deux fois d’affilée, et d’autre part, si je l’avais interprétée il aurait fallu que je change ma voix alors qu’à l’époque j’étais encore novice dans le métier, donc je n’aurais peut-être pas été capable de le faire. Aujourd’hui, je le serais sans doute plus, mais il faut tout de même arriver à tenir une voix sur toute la durée d’un film. En plus de ça, si je l’avais fait on m’aurait vue et entendue de partout, ce qui n’aurait pas forcément été bien ni pour moi ni pour Disney. Il y a de la place pour tout le monde et il ne faut pas tout mélanger.


Pour Ralph 2.0, qu’est-ce que ça t’a fait de retrouver le personnage ?

J’étais très contente de cette rencontre entre toutes les Princesses parce qu’on a enregistré quasiment toutes ensemble, on était une bonne dizaine, donc c’était assez marrant. En plus, Raiponce a une belle présence dans la scène, donc c’était très drôle à faire. J’ai adoré l’ironie, l’auto-dérision qu’y a apporté Disney. Ça m’a changé un peu de la série Raiponce au niveau de ses propos habituels.


As-tu vu le film, et si oui, qu’en penses-tu ?

Non, pas encore. J’aimerais bien emmener mon fils le voir mais il est encore un peu petit, donc en ce moment je ne vais pas trop au cinéma. Je pense que je le verrai quand il sortira en VOD.


Tu as dû voir des images, non ?

Quand on double, on ne voit que nos scènes et pas le reste du film. On fait les scènes les unes à la suite des autres et surtout hors contexte, sans avoir vu ce qui se passe avant. Parfois, il peut y avoir une scène où quelqu’un est très énervé sans que l'on sache pourquoi, mais c’est le métier donc il faut le jouer au mieux. On est vraiment comme des couteaux suisses, c’est assez particulier. En général, dans les films qu’on double on ne peut pas du tout suivre l’histoire. Il arrive parfois même qu'on ne double pas dans l’ordre car ça dépend de la présence des autres comédiens, du plan de travail que font les DA (directeurs artistiques). On ne peut donc pas dire que je vois les films que je double. En fait, je ne connais que mes scènes et le pitch du produit. Et on ne voit jamais le film avant. On arrive en studio, on découvre la scène, et en 2 secondes il faut s’imprégner du personnage et de la situation.


À ce propos, est-ce que regarder un film ou une série dans lesquels tu doubles un personnage te dérange ?

Ah non, j’adore, au contraire. Je sais qu’il y a pas mal de comédiens qui n’aiment pas entendre leur travail a posteriori, mais moi j’aime bien pour me perfectionner, pour voir ce que j’ai fait et ce que je pourrais mieux faire. Je considère que je suis toujours en apprentissage, de toutes façons je pense qu’on ne cesse jamais d’apprendre, et ce pour chaque métier, artistique ou non.




Sais-tu pourquoi Anaïs Delva et Claire Guyot (respectivement interprètes d'Elsa et Ariel) entre autres n’ont pas repris leur rôle pour ce film ?

Non, pas du tout. Mais il faut savoir qu’aucun rôle ne nous appartient, ça vaut pour tous les aspects de la comédie en général. On est interchangeables, même si je sais que les spectateurs sont parfois déstabilisés par les changements de voix, moi-même en tant que public je n’aime pas qu’une voix à laquelle je suis attachée change tout à coup en cours de saison ou au film suivant…


Y a-t-il une différence entre interpréter le personnage de Raiponce dans le film et dans la série ? Plus précisément, est-ce que le déroulement d’une séance de doublage change entre un film, une série, pub, etc. ?

Les pubs, ça n’a rien à voir car c’est juste une bande rythmo, c’est plus un calage de timing et d’images. Il n’y a pas de synchronisation labiale, donc c’est complètement différent. Entre un film et une série c’est juste une question de temps. La particularité pour le film Raiponce, c’est que j’ai tout enregistré toute seule, alors que dans la série je joue parfois seule mais le plus souvent avec les autres comédiens, tout dépend des disponibilités de chacun et des plans de travail du directeur artistique. Sur le film, comme c’était la première fois pour moi, ils ont préféré me prendre toute seule afin de pouvoir vraiment se concentrer sur moi et me diriger, me faire travailler d’une façon très intense. Cela aurait été un peu plus compliqué s'il y avait eu d’autres comédiens, parce qu'il m'est par exemple arrivé de refaire des phrases une vingtaine de fois, et cela aurait fait perdre du temps à tout le monde. C’est aussi ça la magie du cinéma et du montage.


C’est vrai que quand on voit le film, on ne s’en rend pas forcément compte.

Alors moi quand je le revois et comme je le sais, il y a quelques scènes où je me dis : « ah, là on entend qu’on n’était pas ensemble, j’aurais peut-être dû refaire la scène d’une autre façon. » Mais je ne pouvais pas le savoir sur le moment. Maintenant avec le recul, comme j’ai plus l’habitude, je fais attention à ça.


Qu’est-ce que tu apprécies dans ce métier ?

Ce que j’aime, c’est la précision de la comédie. Parfois, j’ai l’impression d’être encore plus précise que si je devais contrôler mon image et mon corps en plus de ma voix. Là, je sais que je peux tout donner, même si ça implique d'être ridicule derrière la barre, car de toutes façons je suis dans le noir et personne ne me voit (rires). D’ailleurs, quand je joue Raiponce, comme elle est toujours en train de courir ou de se battre, eh bien dans ma cabine je suis pareille car il faut mimer les gestes pour que cela soit crédible, et j’ai une petite anecdote à ce propos. C’est Barbara Tissier qui m’avait appris ça. Au début du film, quand Raiponce dit à Pascal dans la tour : « on n’est pas si malheureux ! », elle fait un mouvement de tête avec les cheveux ; et elle (Barbara Tissier, ndlr) me disait : « mais non Maeva, on n’entend pas le mouvement de tête ! » Je ne comprenais pas et je me demandais comment jouer ce fameux mouvement de tête en parlant, alors qu’on ne me voit pas à l'écran. Elle me disait : « fais comme elle, bouge tes cheveux ! ». Je l’ai fait et elle m’a dit que c’était bon, même si je n’ai pas vu la différence sur le moment (rires). C’est vrai que finalement en réécoutant, elle avait raison.

Maintenant, quand Raiponce fait un geste précis, je le joue systématiquement en même temps parce que ça va s’entendre et se sentir dans la voix. Cette précieuse leçon, je continue à l’appliquer dans tous mes autres projets, doublage ou autre. Ce que j’apprécie donc dans ce métier, c’est toute cette précision de jeu. Et finalement, même si on est derrière une barre, j’ai l’impression d’avoir encore plus de liberté dans la folie, surtout en dessin animé et en animation car on peut aller très loin dans l’exagération. D’ailleurs, plus on exagère, mieux c’est. Voilà ce que j’aime, en plus de pouvoir y aller en jogging et sans me maquiller, mais cela n’empêche qu’on vit des aventures de dingue et qu’on joue de la vraie comédie (rires).




Quels sont les rôles que tu as préféré jouer, ceux que tu as moins aimé, et pourquoi ?

Je fais pas mal de pré-school comme on dit, c’est-à-dire des dessins animés pour les très jeunes enfants, et ça j’avoue que j’aime moins le faire car c’est très linéaire, un peu toujours pareil, donc pas très passionnant à jouer. Au niveau du jeu en lui- même, on ne s’amuse pas beaucoup en tant que comédien. Cependant je travaille toujours avec la même implication, en donnant le meilleur de moi-même, pour que les enfants aient des dessins animés de bonne qualité ! Évidemment, le personnage que j’aime le plus c’est Raiponce, parce que c’est la plus haute en couleur et la plus intéressante. En plus, dans la série et dans la saison 2, il se passe des choses incroyables. Les aventures sont géniales et les histoires très sympas, donc je me suis beaucoup amusée.


Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire ce métier ?

Ça c’est un peu étrange, car je n’ai jamais pensé faire ce métier. Je n’en avais pas spécialement l’envie, et je n’avais jamais osé l’envisager, ça me paraissait tellement inaccessible. Je savais que ce métier existait, mais je ne savais pas qu’on pouvait vraiment le faire, que c’était possible. J’ai juste eu cette chance qu’on m’appelle, sinon je n’en serai pas là aujourd’hui. En revanche, j’avais un rêve enfoui depuis toute jeune qui était de chanter dans des dessins animés. Je n’étais pas comédienne avant Mozart, j’étais uniquement chanteuse, donc j’avais fait des démarches, envoyé des démos dans ce but. Je ne pensais même pas avoir l’opportunité de doubler un personnage parce que je ne m’en sentais pas capable, et ça m’est vraiment tombé dessus par hasard. Mais finalement, c'est une très belle surprise, car aujourd’hui ça représente la majeure partie de mon travail et je m’éclate dans ce métier-là. C’est vraiment extraordinaire.


As-tu une ou plusieurs anecdotes à nous partager sur tes différentes expériences, que ce soit en doublage, comédie musicale ou autre ?

Difficile d’en trouver une seule, mais par exemple dans Mozart, mon solo c’est la chanson où notre père (celui des personnages de Mozart et Nannerl, ndlr) meurt. Moi, je chante devant le lit de mort du père, ce qui n’est pas très joyeux comme scène. Cela faisait déjà quelques temps qu’on jouait le spectacle, on avait l’habitude. Un jour, Solal, qui jouait donc mon père, avait décidé de filmer la scène parce qu’il y avait une danseuse qui dansait au-dessus de lui, alors que moi j’étais partie en avant-scène à ce moment-là. Et pour ce faire, il a pris son appareil photo et l'a mis sur son torse. Bien évidemment, cela ne se voyait pas de loin. J’étais au courant de ça, je l’avais vu, sauf qu’il s’était trompé de bouton. Au lieu d’enclencher le mode vidéo, il avait mis le mode photo de l’appareil. Alors je commence à chanter ma chanson (super triste), quand d’un coup un flash se déclenche sous mon visage. Solal ne s’en était pas rendu compte (il avait les yeux fermés), donc il a continué d’appuyer sur le bouton et j’avais pleins de flash juste au-dessous de ma tête. Toutes les danseuses étaient mortes de rire. Ne sachant pas d’où cela venait, le metteur en scène s’est un peu énervé. Finalement, je ne sais pas comment j’ai fait mais j’ai réussi à garder mon calme et mon sang-froid. C’était perturbant de chanter cette chanson, ces paroles si tristes et d’avoir ces flashs dans la figure ! On en a beaucoup ri après et je ne lui en ai pas du tout voulu. C’est une anecdote qu’on aime bien se remémorer tous les deux. Lui, de toutes façons c’était le tonton blagueur de la troupe.


Quel est ton meilleur souvenir de Mozart, l’Opéra Rock ?

Il y en a tellement... je suis très émotive, et j’aime bien ce qui est bouleversant. Ce qui m’a donc le plus émue c’était la toute dernière représentation, car on savait qu'on n’allait plus jamais rejouer, même si finalement on a pu faire d'autres représentations par la suite, mais ça, on ne le savait pas à ce moment-là. Le jour où c’est arrivé, sur la scène de Bercy, j’étais à deux doigts de m’effondrer, si bien qu'à la fin, je me suis malgré tout effondrée par terre en larmes dès que le rideau s’est refermé sur moi. Heureusement, la chanson s’y prêtait (rires). Quand tu fais un spectacle comme ça, un très grand nombre de fois qui plus est, tu n’as que des rituels. Donc tous les gestes sont les mêmes tous les soirs. À tel moment du spectacle tu sais que tu dois être à tel endroit en train de faire telle chose, que tu vas croiser tel comédien ou tel danseuse à cet endroit précis et à chaque fois je me disais par exemple que c’était la dernière fois que je m’enlevais cette pince des cheveux, que je faisais ma retouche avec mon coiffeur avec qui on se faisait des blagues, que mon habilleuse m’aidait à changer de robe… je savais que j’allais sortir de cette zone de confort, retourner dans la vraie vie si l'on peut dire. Ça fait très bizarre, et j’avais beaucoup aimé cette dernière représentation, même si elle fut très forte en émotions et très dure, mais c’est justement tout ça qui me fait vivre et me sentir vivante. C'est ce qui en fait l'une de mes plus belles représentations.




Peux-tu nous raconter un peu ton parcours, ton expérience ?

Alors, j’ai un parcours un peu étrange. Je chantais depuis l’âge de 16 ans environ mais je voulais malgré tout faire des études car pour moi, être artiste c’était quasiment aussi impossible que de gagner au loto. Je me suis dit que j’allais d’abord faire des études dans un premier temps, puis je ferais du chant à côté comme une passion. À la base, je voulais être chanteuse ou médecin mais finalement, j’ai raté mes études de médecine. Je ne savais pas quoi faire, donc je me suis retrouvée en fac de droit. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à développer mes activités musicales, à jouer dans des bars, dans les soirées de fac, et là, j’ai eu un déclic. Après, au fur et à mesure, j’ai rencontré des gens et je suis venue à Paris en 2004. Je suis me suis fixée un objectif d’un an afin de signer un contrat pour mes chansons, sinon j’arrêtais tout. Au final, j’ai eu de la chance : quasiment à la fin de cette année consacrée à la musique, j'ai décroché un contrat chez Warner pour un album, mais malheureusement ça ne s’est pas passé comme je l’aurais espéré. On a signé, on a fait des maquettes, puis après on m’a un peu mise au placard en quelque sorte.

Je suis alors retournée faire des études, je continuais à faire de la musique mais uniquement pour moi, puis c’est l’équipe du casting de Mozart l’Opéra Rock qui m’avait repérée sur My Space à l’époque. Ils m’ont proposé de passer les auditions. Je n’avais jamais vu de comédie musicale de ma vie, je n’y connaissais rien du tout, mais j’ai tenté. Je n’y croyais absolument pas, mais finalement, j’ai passé chaque étape et l’équipe m’a choisie. J’étais novice, je n’avais aucune expérience et ce qui a été super c’est que j’ai été justement formée en faisant ce spectacle. J’ai vraiment eu la chance à chaque fois, autant en doublage qu’en comédie musicale, d’apprendre le métier en le faisant, c’est rare. Je n’ai jamais pris de cours de théâtre ou de chant et c’est pour ça que je dis que je continue toujours à me perfectionner car je n’ai pas de bases, de formation solide. Je continue tout le temps à apprendre, à observer, à prendre des cours, etc.


Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer dans ce métier ?

Franchement ce n’est pas évident puisque j’ai un parcours très atypique où j’ai eu finalement beaucoup de chance, enfin si j’avais été mauvaise ça n’aurait pas marché non plus. En plus, aujourd’hui contrairement à mon époque, tout a changé, surtout avec les réseaux sociaux. C’est tellement énorme, il y a tellement de monde par rapport à il y a 10 ans. J’avoue que moi-même je suis un peu perdue dans tout ce qui se passe, ça y est je commence un peu à être dépassée par tout ça. (rires) D’une part, il faut travailler ça c’est sûr, après dans le doublage, avant d’en faire il faut de toute façon être comédien avant tout. C’est très important car il y a plein de personnes qui voudraient en faire, qui prennent ça à la légère pensant qu’il suffit juste de lire alors que ce n’est pas que ça. Savoir jouer c’est très important, donc il faut prendre des cours de comédie dans un premier temps. Ensuite, il ne faut pas se bercer d’illusions, il faut être très lucide sur ses propres capacités, ce qu’on sait, peut faire.

J’ai l’impression qu’avec les réseaux sociaux, tout le monde est un peu chanteur, comédien, humoriste mais tout le monde ne peut pas le faire. Il faut vraiment avoir du recul sur ça. Si on veut se lancer, il faut impérativement prendre des cours. Les écoles servent énormément, notamment en comédie musicale par exemple, les écoles connues et reconnues auront tous les avis d’audition, de casting, avant même que cela soit sur internet, donc aller dans telle ou telle école peut ouvrir des portes par la suite. Sans compter que certaines auditions peuvent être exclusives à certaines écoles et ne se retrouveront pas ailleurs. Attention, il y a beaucoup d’arnaques aussi, il faut bien se renseigner avant de signer dans une formation quelle qu'elle soit. Le réseau compte aussi énormément, dans le doublage ce n’est quasiment que comme ça que ça fonctionne.


Tu as participé à l’émission The Voice, qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Je l’ai fait pour une simple et bonne raison : me faire connaître un petit peu plus, car dans le doublage j’avais eu quand même pas mal d’exposition et de promo grâce à Raiponce, mais cela dit, on ne me voyait pas à l'écran. Le film n’a pas non plus eu le succès de La Reine des Neiges, donc ça s’est vite essoufflé. Ça m’a apporté un coup de projecteur car la promo de Raiponce a été assez courte, dans Mozart c’étaient surtout les garçons qui étaient mis en valeur, donc je me suis dit que ça ne pouvait pas faire de mal. J’avais envie de montrer encore autre chose, que j'avais d'autres cordes à mon arc, de montrer ma propre personnalité même si ce n’étaient pas mes chansons. L’exposition a été finalement assez chouette. Je suis allée jusqu’aux Battles, ils m’avaient mise contre une candidate avec laquelle je n’avais pas du tout le même registre musical. C’est une chanteuse à voix alors que je suis plutôt une chanteuse avec une voix douce, donc ce n’était pas très équilibré. J’étais un petit peu triste là-dessus car j’avais plein de choses à montrer, mais grâce à ça j’ai pu faire plein de concerts après, j'ai eu plein de bonnes expériences par la suite, de participations à des associations caritatives qui te permettent d’apporter de la joie à des personnes en difficulté et de te sentir utile.




Que préfères-tu parmi la palette de métiers que tu as pu faire : doublage, chant, comédie musicale ?

Oh, j’aime tout (rires) ! La comédie musicale c’est complet, même si c’est vrai que dans Mozart je n’avais pas beaucoup de comédie, et c’était un tout petit peu frustrant. Si tu as un grand rôle à porter, la comédie musicale c’est génial parce que tu chantes et tu joues en même temps. J’adore autant chanter, je fais beaucoup de chansons dans des pubs ou dans des dessins animés, mais en ce moment je chante un peu moins pour moi, j’en ai un peu moins envie. Dans la vie il y a des périodes où tu as envie de développer des choses et d’autres moins. En ce moment c’est plutôt ma période doublage. C’est vraiment ma seule envie et je me laisse justement beaucoup porter par mes envies.


Y a-t-il d’autres domaines artistiques qui t’intéressent (théâtre, films, séries, etc.) ?

Tout m’intéresse ! En particulier, après de longues années dans l’ombre des studios, j’adorerais passer devant la caméra, jouer la comédie, pas seulement avec ma voix mais avec tout mon corps. Ce serait un véritable challenge pour moi et j’adore relever de nouveaux défis !


Quel est ton rapport avec Disney, qu’est-ce que cela t’inspire ?

Je considère Disney comme ma famille, on s’aime, on se dispute et puis on s’aime à nouveau, comme dans la vie ! Ce que je retiens avant tout, c’est que cette expérience a tout changé, je suis une princesse Disney à vie, c‘est un merveilleux cadeau qu’il m’ont offert.


Ton film Disney/Pixar préféré ?

Avant je répondais La Petite Sirène, mais c’est très dur... si, j’adore Là-Haut et Ratatouille ! J’adore Raiponce évidemment (rires) ! Je ne me lasse pas de le regarder. Sinon, je ne sais pas pourquoi, je me répète mais j’ai adoré Ratatouille. Son histoire m’a touchée. Après il y en a sûrement d’autres, mais je n’y pense pas là, comme ça. Ah si, j’ai aussi adoré Fantasia ! Je crois que le premier dessin animé que j’ai vu au cinéma c’était Rox et Rouky. C’est très difficile de choisir chez Disney en tout cas, je ne sais pas si beaucoup de gens peuvent dire : « ça c’est mon préféré », on peut en dire 3 ou 4 mais un seul c’est trop dur.


Ta chanson Disney préférée ?

Pareil, c’est très compliqué (rires). Là, sur le moment je vais dire celle que je connais le plus, à savoir "Ce Rêve Bleu", qui n’est pas forcément celle que je préfère mais c’est celle qui me vient directement à l’esprit. Elles sont toutes très belles, et j'ajouterais que dans la série TV Raiponce il y a des chansons très chouettes, même pour une série. D'ailleurs, même s'il y a moins de budget, c’est toujours Alan Menken qui en compose les chansons, je suis très gâtée.


Ta Princesse préférée (hormis Raiponce) ?

Hum... non, désolée mais c’est Raiponce. Pour moi c’est la plus drôle car elle sort complètement du cadre, le personnage est fantasque, tête en l’air, naïve et en même temps très forte. C’est pour ça que je l’aime. Je la connais trop en fait (rires).




Quel personnage (Disney ou autre) aurais-tu aimé ou aimerais-tu doubler ?

Je ne sais pas trop, peut-être des personnages humains dans des films Disney comme le film "Il Était Une Fois", par exemple. Après, je m’épanouis justement dans le rôle de Raiponce parce qu’elle est vraiment drôle. Sinon, un personnage plus sombre pour lequel je devrais vraiment transformer ma voix. Là, je la transforme mais pour moi c’est naturel.


Connais-tu la licence Kingdom Hearts ?

Pas du tout. (rires)


Est-ce que tu as déjà pu participer à un doublage de jeu vidéo ?

Oui, le jeu Raiponce il me semble, au moment de la sortie du film. C’est quelque chose que j’aimerais refaire, même si je n’avais pas trouvé cela très marrant car t’es tout seul dans un petit bureau, t’as un casque et tu entends des bips, tu n’as pas d’images, juste des ondes, il n’y a pas de directeur artistique ou à peine. C’est pourtant très important d’avoir un directeur artistique car tu ne peux pas t’auto-juger, le rôle du DA est primordial.


Tu as réalisé des chansons en solo, est-ce que la réalisation d’un album solo est quelque chose que tu envisages ?

Alors, j’ai beaucoup travaillé dessus, j’ai un peu laissé tomber là, car depuis que j’ai eu mon fils, j’ai un peu perdu l’envie. C’est un peu le fil rouge, ça fait des années, 15 ans que je suis dessus et ça demande tellement d’énergie... alors que j’avais en plus la comédie musicale, le doublage, etc. donc j’ai un peu mis ça de côté et j’attends d’avoir un peu plus de temps pour moi pour pouvoir être plus dans la création et de pouvoir plus me concentrer sur moi-même. Pour le moment, je préfère me concentrer sur mes projets de doublage, de concerts de reprises ou autres, et éventuellement les comédies musicales si un rôle me correspond et que j’ai l’envie de le porter. Mes chansons à moi, je ne laisse pas totalement tomber mais ce sera pour plus tard.



Nous tenons à remercier très chaleureusement Maeva Méline pour son accueil, sa gentillesse, sa passion et pour le temps qu'elle nous a accordé. La série TV Raiponce dispose actuellement de 2 saisons riches en aventures et émotions, que vous pourrez retrouver sur Disney Channel et en VOD.

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