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Interview de Cerise Calixte & Emmylou Homs


Samedi 19 mai dernier, nous avons pu assister au concert symphonique Tale As Old As Time, reprenant les plus célèbres chansons des films Disney. À cette occasion, nous avons eu la chance et le plaisir de pouvoir interviewer non pas une, mais deux chanteuses emblématiques de Disney : Cerise Calixte, interprète de Vaiana pour le film éponyme et Emmylou Homs, interprète d’Anna dans La Reine des Neiges. Ce fut l’occasion pour nous de retracer un peu le parcours de ces deux grandes artistes, leurs différents métiers et passions, et d’évoquer également le doublage français de Kingdom Hearts III. Nous espérons que cette interview vous plaira, et vous en souhaitons une bonne lecture !



KHIsland : Emmylou, comment avez-vous été choisie pour doubler le personnage d’Anna ?

Emmylou Homs : J’ai été appelée pour passer un casting sans savoir que c’était pour ce rôle précis. Je m’y suis présentée, puis j’ai été retenue pour interpréter Anna.

 -          Est-ce qu’il y avait beaucoup de monde ?

Emmylou Homs : Je ne sais pas, on ne sait jamais à l’avance qui est sur les essais, ni combien de personnes vont auditionner. On ne nous tient pas vraiment au courant de ce genre d’information. C’est un peu le but, on ne sait pas qui il y a en face de nous.

-          Le rôle d’Anna est-il difficile à interpréter ?

Emmylou Homs : Oui, c’était un rôle plutôt difficile parce qu’il y a plein de ruptures de jeu. Elle possède ce côté un peu touchant, légèrement enfantin et en même temps, elle met toujours un peu les pieds dans le plat. Elle est un peu fofolle, elle parle vite et est aussi assez mature, assez femme, donc il fallait arriver à trouver un juste milieu entre ces deux facettes pour pouvoir lui donner un vrai caractère bien défini. Ce n’était pas un des rôles les plus durs que j’ai pu faire, mais ce n’était pas non plus un personnage facile à mettre en œuvre.


-          Votre mère est également comédienne de doublage. Est-ce elle qui vous a donné l’envie de faire ce métier ?

Emmylou Homs : En fait, ce qui est un peu spécial, c’est que je n’ai pas vraiment décidé de faire ce métier justement. Je ne me suis pas dit après mes études : « j’ai vraiment envie de faire ça dans la vie, donc je vais tout mettre en œuvre pour que ce soit possible ». J’ai toujours connu ce monde. J’ai démarré à 6 ans, j’étais tout le temps dans les studios et ça faisait pleinement partie de ma vie. Je sais bien que c’est mon métier, mais je ne considère même plus cela comme tel. Je le fais depuis tellement longtemps, il est ancré en moi et c’était donc une évidence de faire ce métier. En revanche, pour la chanson, même si c’était également évident car je chante aussi depuis toute petite, c’est plus quelque chose que je considère comme une carrière que j’ai envie d’accomplir plus en profondeur, en dehors du milieu du doublage. Oui, ma mère est comédienne et directrice artistique, donc c’est effectivement pour cela que je suis dans ce milieu car je l’accompagnais tout le temps en studio, puis j’ai continué parce que j’adorais ça.

-          Dans La Reine des Neiges, vous interprétez à la fois la voix parlée d’Anna et sa voix chantée, tandis que dans le film live de La Belle et la Bête, on vous retrouve uniquement au chant. Était-ce un choix de votre part, ou la production voulait-elle spécifiquement la voix parlée d’Emma Watson ?

Emmylou Homs : Non, ce n’était pas un choix de ma part. Simplement, quand le film a été fait, je n’ai pas été contactée dès le départ. Il y a eu deux castings séparés pour les voix parlées et chantées. Il arrive très rarement dans le milieu du doublage que ce soit les mêmes personnes qui parlent et qui chantent pour un même rôle. Ça n’arrive que très peu de fois car c’est difficile de trouver de très bons comédiens qui savent également bien chanter. Lorsqu’ils ont fait le casting, les directeurs artistiques de chant et de voix parlées ne m’ont pas mise sur les essais, tout simplement parce que j’ai déjà fait la Princesse Anna et qu’on ne peut généralement pas faire deux princesses dans plusieurs films Disney, ça ne marche pas comme ça. Une fois que l’on a incarné une Princesse, on ne peut pas en faire une autre. Il y a donc des essais qui ont été réalisés, une comédienne a été choisie pour la voix parlée d’Emma Watson et une autre comédienne l’a été pour le chant. Cependant, pour des raisons que je ne connais pas, cela n’a pas fonctionné pour le chant. Suite à cela, ils ont refait un tour d’essai et m’ont contactée pour que je chante les chansons. Ils cherchaient un raccord voix, et comme j’étais très proche de la comédienne faisant la voix parlée au niveau vocal, ça collait bien.


-          Étant donné l’incroyable succès de La Reine des Neiges, est-ce que cela a eu une influence sur votre carrière par la suite ?

Emmylou Homs : Pas vraiment, non. Je travaille dans ce domaine depuis très longtemps et ça n’a eu d’effet radical dans ma vie, car j’avais déjà un réseau bien établi. Cela reste une reconnaissance, parce que tout le monde n’a pas la chance de faire un film Disney. Sur le CV, cela a de la valeur et peut également rassurer. Certains directeurs artistiques peuvent être plus enclins à nous faire confiance pour certains rôles. Ça aurait pu changer des choses si j’avais été très exposée, mais ce n’est pas le cas et ça me convient, j’aime bien rester discrète.

-          Nous avons pu voir dans votre voxographie que vous aviez également doublé des personnages de jeux vidéo (comme Cirina dans FFXIV et Whirlwind dans Skylanders). Cette année sortira le troisième et dernier volet de la saga vidéoludique Kingdom Hearts. Des rumeurs indiquent que l’on devrait y retrouver le monde de La Reine des Neiges, et si VF il y a, souhaiteriez-vous réitérer l’expérience et interpréter le rôle d’Anna si elle devait être présente dans le jeu ? Est-ce qu’également, à tout hasard, vous auriez des informations à ce sujet ?

Emmylou Homs : Alors, c’est un peu compliqué car nous ne sommes jamais au courant des projets à l’avance. Il n’y a pas non plus de bouche-à-oreille qui circule par rapport aux projets qui pourraient arriver ou non. On n’est vraiment pas au courant de tout ça. On peut savoir ce qui se passe en voyant par exemple s’il y a un film qui va sortir ou une bande-annonce sur les réseaux sociaux ou sur les sites Internet, mais on ne nous dit jamais s’il y a tel ou tel programme qui va arriver, on est au courant qu’au tout dernier moment. Par exemple, pour La Reine des Neiges ou même tous les autres films, on les double 1 ou 2 mois avant la sortie en salle. Généralement, on fait la bande-annonce longtemps avant le doublage même du film. Pour le jeu vidéo je serais donc incapable de dire quoi que ce soit. Et même si je l’avais su, ce qui n’est pas le cas, je n’aurais jamais eu le droit de le dire (rires). Dans le jeu vidéo particulièrement, on signe des accords de confidentialité. On en a pour tous les projets, mais en ce qui concerne Disney, les gros films et les jeux vidéo, on n’a absolument pas le droit de dire quoi que ce soit.


-          Alors, si jamais il y avait le monde de La Reine des Neiges et le personnage d’Anna, est-ce que vous accepteriez de reprendre le rôle ?

Emmylou Homs : Bien sûr, je ne refuse jamais du boulot ! (Rires) Ça ne m’est jamais arrivé de dire non même si c’est pour pas grand-chose, sauf si je ne suis pas disponible ou qu’ils veulent me remplacer, ce qui est déjà arrivé une fois. Mais sinon oui, je reprendrai le rôle.

-          C’est vrai que cela nous étonne, parce ce que le jeu est annoncé pour la fin de cette année et il n’y a toujours aucune info à ce propos.

Emmylou Homs : Il arrive parfois qu’on me convoque sur des sessions sans que je sache ce que je vais faire. Je sais justement que là bientôt, j’ai un jeu vidéo dans mon planning, mais je ne sais pas ce que c’est.

-          La Reine des Neiges 2 est prévu pour l’année prochaine. Kristen Bell, votre homologue américaine, a récemment déclaré que l’on retrouvera le même casting et que l’enregistrement du doublage de cette suite était terminé. Allez-vous de nouveau interpréter Anna, ou si vous ne pouvez pas nous le dire, souhaiteriez-vous de nouveau l’interpréter ?

Emmylou Homs : J’espère ! J’espère qu’ils ne vont pas me remplacer mais je pense que oui, j’ai fait les deux court-métrages parus jusqu’à présent, donc normalement, oui.


-          En parlant des court-métrages, nous avons remarqué que pour les rôles d’Anna, d’Elsa et de Kristoff, ce sont bien Anaïs Delva, Donald Reignoux et vous qui reprenez les rôles, en revanche pour Olaf ce n’est pas Dany Boon mais Emmanuel Curtil qui reprend son rôle. Savez-vous Pourquoi ?

Emmylou Homs : Tout simplement parce que Dany Boon une star et qu’ils ne le feraient pas enregistrer juste un petit court-métrage comme ça, ce serait un budget un peu plus conséquent. Quand c’est un aussi gros film oui, mais les court-métrages sont en général diffusés soit directement à la télévision, soit au début d’un nouveau film Disney, ça n’a pas la même ampleur.

-          Est-ce qu’il y a des différences entre doubler un personnage de film, série, dessin animé ou jeu vidéo ?

Emmylou Homs : Généralement, c’est toujours un peu pareil, surtout pour ce qui est série, film et dessin animé, ça se passe de la même façon. Les changements les plus notables sont pour les voice-over et les jeux vidéo. Au lieu d’avoir un grand écran avec la bande en-dessous qui est synchronisée avec le personnage et sa bouche. Pour le jeu vidéo par exemple, nous avons un petit écran avec le fichier en anglais, et nous le faisons en français à partir de là. On écoute d’abord le fichier et tout de suite après on le fait en français et on enchaîne tout.

-          Est-ce que c’est plus difficile qu’un film ?

Emmylou Homs : Non, je trouve cela plus simple car on doit respecter une forme d’onde pour être dans les temps, et c’est moins précis car on n’a pas d’images pour un jeu vidéo. Pour un film, une série ou un dessin animé, il y a un personnage auquel on doit s’identifier et apporter la même chose qu’en anglais, mais en français. Parfois, c’est plus dur de se mettre dans le rôle de quelqu’un que l’on a juste vu brièvement, plutôt qu’un personnage que l’on connaît bien. Je pense que ça diffère surtout à ce niveau.


-          Cerise, comment avez-vous été choisie pour doubler le personnage de Vaiana ?

Cerise Calixte : Pour ma part, je débutais complètement dans le doublage. J’ai rencontré la directrice de doublage en allant assister à des essais sur le plateau, et pour la petite anecdote un peu rigolote, elle a parlé des essais devant moi à quelqu’un d’autre. J’étais juste derrière, et il se trouve qu’ils recherchaient des personnes métisses qui savent jouer la comédie et chanter, donc j’ai donné mon CV, puis j’ai passé les essais et j’ai obtenu le rôle.

-          Le rôle de Vaiana est-il difficile à interpréter ?

Cerise Calixte : Pour moi, au début c’était difficile parce que c’était la première fois, même si j’avais déjà fait un petit peu de doublage auparavant ; mais c’était surtout sur de tout petits rôles, donc c’était la première fois que j’avais un rôle important. J’étais hyper impressionnée au début, surtout par le doublage parlé, car chanter ne me faisait pas peur. Mais la voix parlée, ça m’angoissait terriblement. Finalement, comme le personnage me ressemblait physiquement, je m’y suis assez vite identifiée. Ce qui est assez difficile, c’est qu’elle a énormément d’énergie, parfois on tire un peu sur du Lara Croft dans ses actions. (Rires) Un matin, je me suis réveillée et j’avais des courbatures partout, alors que je n’avais fait que doubler la veille. Mais si, c’était bien le résultat de ma séance de doublage ! (Rires)

-          Est-ce que vous vous retrouvez dans ce rôle ?

Cerise Calixte : Oui. Tout d’abord, il y a cette ressemblance physique qui nous rapproche, c’est vrai. Mais on ne tombe pas non plus dans le dédoublement de personnalité, je ne suis pas Vaiana même ça aide beaucoup ! (Rires) Ensuite, en termes de caractère il y a quand même beaucoup de points communs. C’est assez étrange comment les choses sont faites dans la vie, parce qu’effectivement je me suis retrouvée sur ces essais et sur un personnage qui collait au niveau de la personnalité aussi. Quand mes parents ont vu le film pour la première fois ils m’ont dit : « elle est épuisante parce qu’elle est tout le temps là à remonter sur sa pirogue, on dirait toi ! ». Je me suis alors dit : « bon, ça va, ils ne se sont pas plantés ! ».


-          C’est comme si le destin vous avait poussé vers ce rôle ?

Cerise Calixte : Oui, c’est ce que je crois. J’étais aussi à un moment de ma carrière où je faisais beaucoup de comédies musicales. J’ai fait beaucoup d’interprétations. Dans une comédie musicale, on reprend le rôle de quelqu’un qui a déjà été créé, et j’arrivais vraiment à un moment où je voulais sortir de cela. Je suis donc allée faire un peu de doublage, j’ai essayé de voir, étudier un peu comment ça marchait et c’est là qu’il est arrivé quelque chose qui tout d’un coup m’appartenait complètement. Certes, on a la voix en anglais avant mais il y avait quand même pour moi une vraie création, et un rôle que j’ai pu m’approprier sans avoir à reprendre quelque chose que quelqu’un avait déjà fait, et cela a été une expérience assez unique.

-          Est-ce une bonne expérience et aimeriez-vous de nouveau participer au doublage d’un film Disney ou de tout autre film d’animation ?

Cerise Calixte : Oui, c’était une superbe expérience, j’ai eu de la chance de débuter ainsi dans le doublage. J’en avais fait un peu avant, mais j’avais commencé seulement trois mois avant. Ça m’a surtout permis de continuer dans cette voie-là et depuis 2 ans j’en fais régulièrement sur des téléfilms, des séries, des dessins animés, pas forcément du Disney. Ce que j’adore, c’est qu’on peut interpréter des personnages qu’on ne pourrait pas forcément faire sur scène. Par exemple, je suis métisse et c’est compliqué car en comédie musicale il n’y a pas beaucoup de rôles de ce type. Mais dans le doublage, d’un coup, on peut jouer n’importe quel rôle. En termes de comédie, c’est génial, ça permet de s’épanouir complètement.


-          Est-ce qu’il y a une subtilité, est-ce que vous pourriez passer outre la règle de la Princesse affiliée ? Est-ce que vous pourriez être appelée pour doubler un personnage, sans être une princesse mais par exemple un personnage secondaire d’un autre Disney ?

Cerise Calixte : Chez Disney, je ne sais pas, peut-être… mais les enfants qui nous entendent sont hyper réceptifs et s’ils entendent la voix d’Anna, de Vaiana ou d’Elsa sur la meilleure copine de la prochaine princesse par exemple, ils ne comprendraient pas pourquoi le personnage a la même voix qu’une autre princesse existante. Ils ont du mal à comprendre qu’il y a quelqu’un derrière qui fait la voix du personnage.

Emmylou Homs : Je ne pense pas. Je sais qu’à un moment donné, juste après La Reine des Neiges, on m’a demandé de faire la bande-annonce du film Vice-Versa. Ils voulaient que je fasse la voix de Joie, puis ils ont fait un casting de stars, mais au départ, j’avais doublé le personnage dans la première bande-annonce. C’est propre à Disney, d’éviter d’avoir les mêmes voix pour les Princesses. Les gens sont très attachés aux voix sans forcément savoir qui double quel personnage. La voix qu’on entend est associée à une princesse. Si toutes les princesses avaient la même voix, ce serait dommage. Cela étant, il arrive forcément qu’on nous entende sur d’autres personnages. Ce qui peut arriver si on est de bonnes comédiennes, c’est qu’on arrive à moduler notre voix de façon que l’on ne nous reconnaisse pas forcément. Anna c’était il y a 5 ans, je l’ai prise assez aigüe. Maintenant, j’ai une voix plus mature et je peux faire d’autres rôles où on ne reconnaît pas forcément ma voix. D’ailleurs, quand j’ai chanté dans La Belle et la Bête, plusieurs personnes ont dit qu’elles ne reconnaissaient pas ma voix et qu’elles me reconnaissaient plus dans La Reine des Neiges, alors que ma « voix naturelle » est pourtant plus celle de La Belle et la Bête.

-          Que vous a apporté votre passage dans l’émission The Voice ? Pourquoi avoir choisi la chanson Libérée, Délivrée ?

Cerise Calixte : Eh bien, pas grand-chose… (rires) Pourquoi ce choix, c’est le fait de la production qui voulait une chanteuse qui chante pour le créneau des enfants un samedi soir.


-          Ce n’était donc pas un choix personnel ?

Cerise Calixte : Non, en fait, j’avais déjà été appelée plusieurs fois pour participer à l’émission mais je ne voulais pas le faire parce que je ne voyais pas ce que cela pourrait m’apporter. Pour moi, je ne rentrais pas dans le créneau de leur émission. Je n’ai pas une voix très marquée, rauque ou très lyrique. J’ai fini par accepter mais en leur demandant de me dire concrètement ce qu’ils voulaient que je chante car il y a énormément d’étapes avant de passer dans la première émission. Ils m’ont alors proposé Libérée, Délivrée ainsi que Think d’Aretha Franklin. Ils m’ont dit que le choix m’appartenait et que les deux chansons m’allaient très bien, mais que ce serait génial si je choisissais Libérée Délivrée. Donc là, on comprend que si on veut faire l’émission, il faut faire ça. Ce que j’ai fait. Je ne le regrette pas du tout, parce qu’au final je défendais quelque chose qui pour moi était très typé comédie musicale et dans ce que je sais faire aussi, donc c’était bien. Mais ce n’est pas un choix qui a plu au jury car ce n’est pas le concept de l’émission. On ne le voit d’ailleurs pas dans les images, mais la production m’a expliqué que c’était bien, que j’ai une super voix, mais que le choix de la chanson ne convenait pas. Leur but c’est de faire un album, mais avec une chanson comme celle-ci ils ne savaient pas vers quoi aller, vers quel univers m’emmener par la suite. Je travaillais beaucoup en comédie musicale avant, et cela a continué, donc il n’y a rien eu ni de positif ni de négatif derrière. Les images étaient très belles, la production a été super, au départ ça ne devait pas être diffusé, puis j’ai finalement accepté afin qu’ils puissent avoir leur créneau enfant. Cela n’a vraiment eu aucun lien avec le fait que j’ai été choisie ensuite pour jouer le rôle de Vaiana. D’ailleurs, ma prestation a été vue bien après avoir été choisie. Je préfère le préciser car ça s’est dit beaucoup mais ce n’est pas vrai. Il a en effet été dit dans un célèbre magazine, que c’est grâce à mon passage dans The Voice que j’ai obtenu le rôle alors que ce n’est pas du tout le cas.


-          Récemment, vous avez joué dans la comédie musicale Hairspray aux Folies Bergères pour le rôle de Little Inez. Est-ce que ça vous a plu ?

Cerise Calixte : J’ai besoin de faire plein de choses différentes. Hairspray c’était génial, c’était une expérience super. En plus, je jouais une adolescente de 12-13 ans, donc il y avait vraiment un rôle de composition. J’adore être sur scène, et j’adore tout autant être derrière la barre pour faire du doublage. C’est pour moi deux choses totalement différentes, mais qui se complètent. D’une part, être sur scène pour une comédie musicale me permet d’avoir un retour immédiat du public, et d’autre part, le doublage m’offre un épanouissement ainsi que l’opportunité de pouvoir faire plein de rôles différents. J’ai fait beaucoup de comédies musicales et ça faisait un petit moment que je n’étais pas remontée sur scène. Dans une comédie musicale, une autre discipline intervient : la danse. C’est beaucoup de travail, d’investissement et de préparation.

-          Pour votre album Cerise Chante Disney qui est sorti l’an dernier, est-ce vous qui avez choisi les chansons de l’album ou cela vous a-t-il été imposé ?

Cerise Calixte : D’abord, il y a eu une réunion avec l’équipe de création, le label Universal et Disney. On a parlé de l’univers de l’album. On voulait rester sur l’ambiance de Vaiana : le soleil, l’été, les îles… et l’idée était aussi que les enfants aient envie de se lever, de danser et de chanter en l’écoutant. Ensuite, le choix s’est fait assez naturellement. Je ne connaissais pas tous les titres de Disney, ils m’ont proposé une liste de titres qui n’était pas définitive. Il y en a que j’ai changés, d’autres que je ne connaissais pas mais que j’ai adoré et gardé, puis j’ai aussi apporté des idées. J’étais très fière d’avoir proposé le titre du film Tarzan. J’ai été assez libre et j’étais surprise car je pensais qu’on m’imposerait les morceaux et que je n’aurais pas le choix, alors que non. On m’a dit dès le départ que si je n’étais pas à l’aise avec un titre, pas de problème, on ne le ferait pas, car c’est mon album avant tout. J’ai trouvé cet état d’esprit super, parce que c’est tout de même une grande marque et ils ont bien respecté ma personnalité.


-          Quelle a été la chanson la plus difficile à interpréter et celle que vous avez préféré dans cet album ?

Cerise Calixte : Celle que j’ai préféré est Quand on Prie la Bonne Étoile. On arrivait à un moment où l’on avait fait beaucoup de chansons, et d’un coup Laurent (l’arrangeur) m’a proposé que l’on cherche ensemble différentes tonalités pour la chanson. C’était un moment très sympa, on a enregistré tout de suite dans la foulée et finalement, il y eut peu de prises avant la validation de ce morceau. Sinon, elles sont toutes assez difficiles à chanter. Ce qui a été difficile, c’était de trouver une couleur de voix en partant de la mienne mais qui ne s’éloigne pas trop de celle que j’ai pour Vaiana, et donc de ce que les enfants connaissent pour qu’ils puissent la reconnaître. Sur Les Cœurs sans Logis, cela se rapprochait plus de la voix d’une mère plutôt qu’une voix plus jeune, donc il fallait trouver une sorte d’équilibre. On a pris le parti de le jouer un peu grande-sœur qui endort son petit-frère ou sa petite-sœur. C’était ça la petite difficulté sur l’album : réussir à trouver le bon équilibre pour que les enfants qui écoutent le disque reconnaissent bien la chanteuse de Vaiana.

-          Quels sont vos futurs projets ? Parmi toutes les expériences que vous avez vécues récemment (chant, comédie, doublage), avez-vous l’envie d’orienter votre carrière vers la comédie, ou bien rester principalement dans la chanson avec un nouvel album plus personnel par exemple ?

Cerise Calixte : Ça n’arrête pas de changer. Lorsque je suis sur scène, j’adore y être, tout comme j’adore faire du doublage. Ce qui reste vraiment ancré à l’heure actuelle, c’est qu’on est en train de préparer des concerts pour l’album et c’est quelque chose qui me tient vraiment à cœur, car le public des enfants ne ment pas : s’ils aiment, ils le disent et s’ils n’aiment pas, ils l’expriment aussi. Je trouve ça génial quand on arrive à capter une salle avec des enfants. C’est une émotion difficile à exprimer avec des mots, mais quand je vois les petits enfants qui font les mêmes gestes que moi et qui chantent en même temps, c’est extraordinaire, complètement magique. C’est quelque chose que j’adore faire et j’ai vraiment envie de continuer là-dedans. Pour le moment, ce sera avec un concert autour de l’album, mais j’ai aussi plein d’idées pour la suite. Je voudrais vraiment garder cet univers et rester en contact avec les enfants, que ce soit sur des émissions de télé ou autres. C’est un public qui n’est pas le même que celui des comédies musicales, ou du moins je n’aurais pas ce retour public de façon aussi directe.


-          Est-ce que vous auriez envie malgré tout de faire un album plus personnel en dehors de Disney ?

Cerise Calixte : Je compose, je suis pianiste et j’écris des chansons, mais ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse plus que ça. Ce n’est pas que ça ne me fait pas rêver, mais je suis quelqu’un qui se laisse un peu porter par le destin, comme je le disais tout à l’heure. Si quelqu’un vient et me dit qu’il a envie de s’occuper de moi et de me signer un album, évidemment, je ne dirai pas non. J’ai besoin qu’on s’occupe de moi, de quelqu’un qui croit vraiment en moi pour faire les choses. C’est donc quelque chose que j’adorerais faire, mais cela vaut également pour des musiques pour enfants. On m’avait demandé un jour si je voulais être la nouvelle Dorothée (rires), et effectivement, ce n’est pas quelque chose qui me déplairait car c’est vraiment un public que j’adore.

-          Pour finir, quel est votre film Disney préféré ?

Cerise Calixte : Question plutôt difficile, on peut en citer plusieurs ? (Rires) Je suis très très fan d’Aladdin, La Belle et la Bête et Le Roi Lion, voilà, c’est dit !

Emmylou Homs : Pour moi, c’est surtout par rapport aux chansons. Dans mon enfance, j’étais très fan d’Aladdin, des chansons de La Petite Sirène, La Belle et la Bête et de Cendrillon mais c’est dur, c’est un choix très dur. (Rires)


Nous tenons à remercier très chaleureusement l’association G’EK Event, qui a rendu possible cette très belle rencontre. Bien entendu, nous remercions également Emmylou Homs et Cerise Calixte de nous avoir accordé cette interview, ainsi que pour leur gentillesse, leur bonne humeur et leur passion, qui transparaissent clairement à la lecture de l’interview. Vous pourrez retrouver Emmylou Homs sur scène lors du concert de La Reine des Neiges, qui aura lieu à la salle Pleyel à Paris du 9 au 11 novembre 2018. L’album « Cerise chante Disney » de Cerise Calixte est toujours dans les bacs et en téléchargement sur les diverses plateformes, une série de concerts est prévue et nous vous invitons à aller applaudir ces deux grandes artistes sur scène, car leur voix réchauffe les cœurs !


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